La presse écrite :
Qui menace la presse écrite dans les pays développés ?
1) le directeur de la rédaction du New York Times :
Nous vivons une époque de tumulte où les médias ont plus de pouvoir et de liberté que jamais... La plus grande menace contre la liberté de la presse dans ce pays vient peut-être de l'arrogance de certains médias qui, à force d'outrances, ont fini par susciter une véritable défiance du public.. Cette détérioration de l'image des journalistes a des conséquences sur nos pratiques professionnelles. POur prouver leur indépendance certains font preuve d'un cynisme exagéré. D'autres sombrent dans la complaisance. Cela est malsain. Il est temps que les journalistes fassent preuve d'un peu plus d'humilité.
2) Le directeur du quotidien anglais Financial Times :
Je crains que le gouvernement légifère pour restreindre la liberté de la presse devenue impopulairedans ce pays... Les raisons sont multiples : concentration accrue des titres et changements de propriétaires; compétitivité du marché sur lequel les tabloïds prennent un maximum de risques et attentent à la vie privée, notamment de la famille royale. La perspective d'une nouvelle législation est inquiétante. Elle serait inutile et dangereuse... Où s'arrêterait la censure ?.. Il serait en tout cas impossible d'établir une distinction entre la presse sérieuse et ces journaux racoleurs. Or il est vital que dans le domaine des affaires nous continuions d'avoir une totale liberté d'investigation.
3) Le rédacteur en chef de l'Asahi Shimbum (Japon) :
La menace la plus grave tient à la place croissante de l'image au sein des médias. C'est elle qui fait la loi. Elle dicte la hiererchie de l'information dans les journaux télévisés. Elle décide que l'on parle des Kurdes dans le nord de l'Irak parce que le document visuel est disponible et qu'on laisse tomber l'information sur le sud parce qu'on ne sait pas comment l'illustrer. Certains évènements ne sont réputés avoir eu lieu que si l'on en a des images. Pas d'images, pas d'infos. Belle image, grande info.
D'après Le Monde, des 9, 11 et 17 décembre 1994.