Clio_221

- educ civique

- seismes : sites

- france telecom

- ancien regime

De: CALPAS@aol.com

Info: les geographes enseignant dans le secondaire seront sur la liste des

especes protegees par le WWF a partir de 1998 !!!!

Je suis en parfait accord avec ton analyse a propos du peu d'ethique de

certains historiens. Et je trouve qu'on touche le fond lorsqu'on parle

d'education civique. Sous couvert de transmettre des valeurs (sic) communes,

certains voudraient nous faire vehiculer des analyses simplistes qui fleurent

bon la sociale democratie tiedasse. Je suis interesse par reactions de

collegues ayant l'experience de l'enseignement de l'Education civique en

college pour connaitre leurs reflexions, mais depuis que l'histoire

geographie possede une dimension civique essentielle (voir les IPR) nous

sommes tous concernes. Nous pensent ils (IPR, formateurs peu scrupuleux...)

assez lobotomises pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes ?

Cordialement

P.Francois

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clio_224

- L'Europe

- Internet au bahut

- education civique (college)

De: "Chevalier" <pierrick02@infonie.fr>

Sujet: Education civique

> Date : dimanche 11 mai 1997 13:29

> De: CALPAS@aol.com

> Info: les geographes enseignant dans le secondaire seront sur la liste

des

> especes protegees par le WWF a partir de 1998 !!!!

> Je suis en parfait accord avec ton analyse a propos du peu d'ethique de

> certains historiens. Et je trouve qu'on touche le fond lorsqu'on parle

> d'education civique. Sous couvert de transmettre des valeurs (sic)

communes,

> certains...

DE : Pierrick Chevalier, collège de Plémet (22)

Je réponds bien volontiers à P. François qui en appelle aux réactions de

profs de collège. L'éducation civique a-t-elle lieu d'exister dans le

secondaire ? Les historiens et géographes sont-ils proches de perdre leurs

spécificités ?

Il est bien évident que les nouveaux programmes en histoire-géographie

affichent une dimension civique. Comment cela pourrait-il en être autrement

?

Dans les programmes de collège, l'école est un lieu pour apprendre, une

"communauté de chercheurs" comme le dit M. Develay. Il est demandé au profs

de donner du sens aux différents savoirs enseignés en rendant l'élève

acteur de son apprentissage.

L'histoire en tant que manière d'appréhender le présent en questionnant le

passé et la géographie en tant qu'étude de l'aménagement de l'espace par

les hommes (et donc avec possibilité d'intervenir sur son espace) sont deux

disciplines participant à l'apprentissage de la citoyenneté.

Une lecture rapide du programme d'éducation civique en 6ème peut amener le

prof à entreprendre 10h de "morale" annuelles du type : respectez le

rêglement intérieur, respectez l'autorité administrative, respectez la loi,

respectez l'environnement...

Construire la citoyenneté avec les élèves est un travail plus fastidieux

mais autrement plus intéressant. C'est ainsi qu'après avoir étudié la

démocratie à Athènes et les valeurs du "bon citoyen" à Athènes il est

interressant de s'interroger sur quels sont les droits et les devoirs d'un

élève dans le collège, de lister ces droits ou ces devoirs, de les proposer

à l'administration, à l'ensemble de l'équipe éducative et de proposer que

le règlement intérieur (incompréhensible pour des élèves de 11 ans) soit

modifié. "L'histoire sert" dit un élève.

Qu'un projet d'aménagement du collège soit en cours, les élèves peuvent, en

adoptant la démarche géographique, comprendre le pourquoi de ce projet,

proposer leurs solutions...

Traditionnellement, l'éducation civique était du ressort du prof

d'histoire-géographie. Avec les nouveaux programmes, l'interdisciplinarité

est un fait. Toutes les disciplines doivent participer à cette éducation à

la citoyenneté (dans le texte).

Je vois plus cette dimension civique des programmes comme une manière de

donner du sens aux savoirs. L'éducation civique n'est pas une matière à

part, elle est partie prenante en géographie et en histoire.

Voilà ma lecture des IO. Il n'en reste pas moins vrai qu'il faut être très

prudent quant à l'introduction des "valeurs communes" lobotomisantes.

Que le collège clionaute prenne la parole sur ce sujet. Les avis sont

parfois très différents et les discussions animées.

Bravo à François, l'annonce du plan en début de chaque page, c'est vraiment

une bonne idée.

Merci à Moïse. Je sens qu'il va faire des disciples !

pierrick02@infonie.fr

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** 'CLIO' L'histoire-geographie moulee a la louche ---O **

** http://www.fdn.fr/~fjarraud **

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Clio_225

- internet a l'ecole

- droits audiovisuels a l'ecole (appel)

- instruction civique (college)

De: Pierre_Mera <Pierre.Mera@ac-idf.jussieu.fr>

Sujet: Education_civique_au_college

Enseigner l'Education Civique au collège, c'est bien...

C'est indispensable... Et, à mon sens, quel que soit le prof qui l'enseigne

!

Le coeur du problème reste que les règles de la vie démocratique doivent

également se vivre... Sinon, pour paraphraser un collègue, c'est comme

enseigner le foot en décrivant dans le détail le terrain, le matérieu des

buts, la texture de la pelouse... sans jamais toucher un ballon...

L'Education civique virtuelle en quelque sorte !

Quid de l'Education Civique dans un établissement dont le réglement

intérieur consiste grosso modo en une longue énumération de ce qui est

interdit aux élèves...

Qui de l'Education Civique dans un établissement où les délégués de

classe ne reçoivent aucune formation spécifique et sont rabroués durement à

chacune de leur prise de parole au CA ou au Conseil de Classe...

Etc... jusqu'à la nausée...

Je ne crois pas qu'on puisse éluder indéfiniment l'idée que les valeurs

démocratiques ne se divisent pas ! Elles sont pour tous, ou pour

personne...

Une relecture à cet égard de la Convention des Droits de l'Enfant serait

instructive pour tous les enseignants !

Rappel juridique : la CDDE a valeur de traité et donc possède un niveau

juridique supérieur à celui de la Constitution elle-même !

Bien à vous,

PM

____________________________________

Pierre Méra

Médiapôle Informatique de Gonesse

Pierre.Mera@ac-idf.jussieu.fr

Téléphone et

Télécopie : 01-39-85-33-40

____________________________________

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Clio_226

- education civique

- internet au lycee

- programmes 1ere

De: Letouzey <dletouze@orbital.fr>

pierrick chevalier me semble presenter une vision ideale de l'education

civique. Sur France Culture, la semaine derniere, Boissinot reprochait aux

enseignants une demarche trop etroitement disciplinaire. Il semblait

regretter le temps des instits-pegc, des "vrais pedagogues". Mes collegues

de l'aphg constatent dans la pratique que la demi-heure enlevee aux

historiens a disparu des emplois du temps. Comme jadis avec la physique,

sous des discours seduisants, c'est d'abord un moyen de recuperer des

postes. Je veux bien en admettre la necessite, mais je me souviens du cri de

nicolas roudninski sur cette liste, et je prefere jouer cartes sur table.

Au diable de Xavier Michetti, je repondrais qu'il est drole de chercher une

continuite chronologique (et logique) a un programme qui se veut ouvertement

discontinu. Les vieux savent que meme sur 1880-1945 on ne bouclait le

programme qu'en faisant des sacrifices, ce que l'inspection admet

difficilement. J'ai toujours entendu parler de "noyaux durs", mais nous

n'avons jamais eu l'autorisation de passer rapidement sur un theme. Donc on

passe un temps normal sur la premiere partie, et tant pis pour ce qui est en

fin. Je m'etais habitue a la 2GM en premiere, car j'ai touours tenu a la

traiter, surtout en 1994, en Normandie. Cela supposait de se limiter a un

plan detaille sur d'autres sujets.

Des lors, je pense que nous ne sommes pas plus fondes a sacrifier la geo (ce

que je suis aussi en train de faire), au pretexte qu'elle n'a pas de continuite.

Quant au vieux debat contemporaine (pour former des citoyens) / hist

ancienne-medievale (pour justifier les postes en fac), je crois que les

arguments se valent. Je ne suis pas sur que la delimitation religieuse,

politique et culturelle rassure les enseignants du superieur sur ce que nous

aurons transmis aux eleves. Un maitre de conferences maximaliste considerait

que l'on devrait, au bac interroger indifferemment sur les 4 periodes...

daniel

Daniel LETOUZEY ch du palais Vaudry 14500 VIRE FRANCE

page APHG http://www.orbital.fr/~dletouze/

page lycee : http://www.crdp.unicaen.fr/mcurie/index.htm

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Clio_228

- instruction civique

- seconde

De: "Chevalier" <pierrick02@infonie.fr>

Sujet: Re: Education civique et programmes

De: Pierrick Chevalier. pierrick02@infonie.fr

Une petite mise au point, car à la relecture du message que j'ai envoyé le

13/05, il apparaît peut-être que je défends les programmes en place alors

que mon but est de dire que l'éducation civique est une nécessité et que

nos deux disciplines se prètent à merveille à cet exercice.

- Non, je n'ai pas une vision idéale de l'éducation civique. Je pratique

quotidiennement.

- Non je ne suis pas dupe au point de croire que la 1/2heure enlevée aux

historiens-géographes se retrouve ailleurs, dans des disciplines comme les

SVT ou la physique.

Bien sûr, cette manoeuvre n'a pour but que d'économiser des postes et comme

beaucoup je m'en étais alerté. Que dire de la "flexibilité" des horaires

instaurées en collège en 6-5ème ? Le libéralisme rentrerait-il dans les

moeurs de l'Education nationale ?

Et il y a l'élaboration des programmes, auxquels, malgré les

pseudo-concertations, je ne participe pas.

Tenter de donner une cohérence à ce que je vais enseigner fait partie de

mon métier et ce n'est guère facile. J'ai bien sûr des inquiétudes sur ce

que je peux "inqulquer" et des "choix" à faire. Qui ne s'est pas interrogé

sur comment boucler un programme de 3ème (1914 -aujourd'hui + France, Usa

et Russie sur toutes leurs coutures) ? On peut évidemment aussi contester

le découpage chronologique des programmes de collège (je le conteste).

Mais "Le coeur du problème reste que les règles de la vie démocratique

doivent

également se vivre" comme le souligne Pierre Méra.

Rien de plus difficile en effet. Apprendre que la séparation des pouvoirs

(la Révolution : 4ème) est une nécessité pour éviter les abus dans un

établissement où le principal préside les conseils de classe, les CA,

chapote l'administration, fait apppliquer le règlement, sanctionne, note...

Plus facile de chercher un exemple de totalitarisme (3ème : l'Italie 22-45)

! (J'exagère bien sûr).

L'interdisciplinarité, quant à elle, reste trop souvent lettre morte.

Hélas. Comment faire croire aux élèves que ce qui leur est proposé peut

avoir du sens ?

Pierrick Chevalier.

Un réaliste breton.

Bien cordialement.

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De Francois Jarraud :

Je ne peux qu'aller dans le sens de Pierre et Pierrick.

Faire entrer un fonctionnement democratique dans l'ecole me parait

indispensable a la fois par rapport au nouveau public du college et

du lycee et pour une education a la democratie qui devient urgente

dans ce pays face a la montee du racisme et de l'autoritarisme

(voir le dernier jugement de la cour des conflits qui remet en cause

le droit de surete).

Ca ne sera pas une mince affaire. Les parents, les eleves eux memes,

les profs sont habitues au fonctionnement autoritaire. Il faudra aussi

baliser le sentier : un ado n'est pas un adulte miniature et a besoin

egalement d'autorite. Mais j'ai ete frappe des ecarts que j'ai observe

entre le fonctionnement de certains etablissements allemands et le

notre. Je susi egalement frappe par l'infantilisme des eleves qui

demandent a etre gaves plutot qu'a se prendre en charge. C'estpas

nouveau, je sais !

En ce qui concerne la seconde : j'ai termine la revo en histoire

et aborde la ville en geo. J'aurai a negocier entre la campagne

et le probleme des nationalites en europe. C'est probablement celui-ci

qui va l'emporter...

Ce qui me gene le plus dans ce programme en histoire c'est l'absence de

continuite chronologique et les risques d'anachronisme que cela pose pour

des eleves qui n'ont pas acquis des mentalites d'historien.

C'est renforce par les intentions du programme : les fondements du monde

contemporain. Athenes percue comme le prototype de la democratie actuelle.

Il est evident que celle ci a des rapports lointains avec la demo athenienne.

Heureusement le Magnard recentre avec vigueur chaque chapitre sur le

monde actuel.

La place accordee au christianisme me gene egalement tout comme la Mediterranee

au XIIeme. Il est facile, par ignorance, d'accorder trop d'importance

aux croisades ce qui resonne facheusement avec des reactions contemporaines.

Pour les memes raisons, avons nous les moyens de situer le christianisme

dans une optique comparatiste (avec les religions solaires indo europeennes)

qui me semble plus pertinente qu'une situation purement palestinienne ?

Le risque est de donner une vision non seulement europeo-centriste mais

vraiment rabougrie (quasi deviellieriste ou patronage-euse) de l'occident.

Je crains egalement que l'on en profite pour faire passer a la trappe les

mutations sociales du XIXeme (des revos indutrielles en Iere). D'une facon

generale le programme de 2de me semble donner beaucoup d'importance a

l'institutionnel plus qu'au socio- politique. L'air du temps ?

En geo, j'avoue que l'importance accordee aux espaces agricoles me laisse

froid dans un monde occidental largement urbanise (la majorite des actifs

agricoles eux memes vivent en ZPIU). J'ai l'impression que le programme

deconseille des approches systemiques qui me paraissent intellectuellement

indispensables.

bien cordialement

francois

--

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