Renault et PSA dans la compétition internationale

1) L'avenir incertain de Renault et PSA, A Kahn, Le Monde 26 avril 1994 :

Annoncée jeudi 24 avril par mondovision à l'ensemble de ses troupes réparties dans le monde, la réorganisation de Ford incite à réfléchir. La mise en place d'unités mondiales pour le développement, la production et la vente de ses produits, devrait permettre d'économiser de 2 à 3 milliards de $ par an, a déclaré le PDG de Ford. Son grand rival General Motors s'engage aussi sur la voie de la mondialisation. L'Opel Omega de sa filiale allemande a été legèrement modifiée pour satisfaire aux gouts et aux normes outre-Atlantqiue où elle s'appelle Cadillac LSE. La petite Corsa, créée en Europe, va être fabriquée au Mexique pour les marchés d'Amérique.. Les constructeurs japonais les avaient précédés dans cette voie...

Face à ces stratégies mondiales les constructeurs français sauront-ils rester compétitifs ? N'ayant pas pu s'implanter aux Etats-Unis, leur seule solution serait de conclure des alliances d'envergure. Comme l'a fait BMW avec l'acquisition de Rover... Certes ils ne sont désormais plus repliés dans l'Hexagone. Leur terrain de jeu est devenu l'Europe et ils font de gros efforts pour se placer dans les pays à fort potentiel de développement que sont les pays d'Asie (Citroen en Chine) et l'Amérique latine. Mais le territoire où se vend actuellement le plus grand nombre d'automobiles, l'Amérique du Nord échappe à leur réseau. Et les droits d'entrée y sont trop important pour espérer y parvenir.

Les économies d'échelle mentionnées par Ford ne les concerneraient elles pas ? Non, répondent en choeur nos deux constructeurs nationaux. "Small is beautiful" affirme le PDG de Renault qui compte sur la souplesse, la réactivité d'une entreprise de petite taille pour compenser l'effet de volume... J. Calvet lui ne croit que moyennement à l'effet de taille : "Toute l'organisation actuelle, au Japon, aux Etats-Unis et chez PSA, consiste à arriver à faire de petites éries à coûts très bas dans une industrie fortement capitalistique et à fort taux de main d'oeuvre". Il mise sur des coopérations pour la fabrication de moteurs ou pour des véhicules complets sur des niches de marché particulières; ce qui est le cas du monospace développé avec Fiat.

Le premier argument n'est pas convaincant car s'il n'y a plus déconomie d'échelle du coté de la fabrication des automobiles, en revanche, elles persistent au niveau de la conception et des études (10 % dans leprix de revient). Sans parler des achats, dont on sait qu'ils représentent plus de 60 % du prix de revient. En passant commande à un fournisseur sur des quantités mondiales (et non plus régionales), on peut aussi faire baisser les couts.

Quant à l'argument sur les partenariats, il ne tient aussi qu'à moitié car les autres s'y adonnent pour réduire les couts. Les monospaces de Ford ne sont autres que les Nissan Quest. En Europe, les 4x4 Ford Maverick sont aussi les Nissan Terrano...

Les Américains en Europe sont beaucoup plus menacants. Pour 4 raisons. La 1ere est l'évolution des gouts des consommateurs de moins en moins différenciés... La seconde raison est l'homogénéisation des méthodes de production. Aujourd'hui tout le monde est à peu près au même niveau, les méthodes dérivées des modes de production japonais ont été mis en place partout. La 3eme raison est la mondialisation des échanges symbolisée par la création de l'Organisation Mondiale du Commerce (1). Certes les entraves demeurent. Mais elles s'amenuisent. Et de toutes façons, les usines "transplants" installées par les constructeurs américains, japonais et européens (Mercedes) dans des continents différents de celui dont ils sont issus, permettent de franchir tous les obstacles. La 4eme est technologique. Les réseaux informatiques permettent à des équipes situées aux 4 coins du monde de mieux collaborer. Avant de se restructurer mondialement, Ford avait mis au point des banques de données informatiqées pour ses chercheurs de Dearborn (Michigan), Dunton (Gde Bretagne) et Merkenich (Allemagne).

2) Production de voitures particulieres (en milliers) :

année! production ! exportations ! pénétration étrangère

! unités! % monde! unités! % prod! en %

1946 ! 30 ! 2,6 ! ? ! ! ?

1955 ! 553 ! 5,5 ! ? ! ! ?

1970 ! 2245 ! ? ! 1181 ! 53 ! 20

1975 ! 2546 ! 10 ! 1363 ! 53 ! 20

1980 ! 2938 ! 10 ! 1530 ! 52 ! 23

1985 ! 2632 ! 8 ! 1539 ! 58 ! 37

1989 ! 3409 ! 9,6 ! 1897 ! 56 ! 38

1990 ! 3295 ! 8,8 ! 1882 ! 57 ! 39

1992 ! 3329 ! 9,2 ! 2080 ! 63 ! 40

1993 ! 2836 ! 8,2 ! ? ! ? ! ?