Quelques extraits tirés des comédies d'Aristophane et qui peuvent illustrer le cours, faire rire les élèves tout en facilitant une révision. C'est l'occasion d'expliquer également la place de la comédie dans une société démocratique et expliquer pareillement comment ce théatre nous est parvenu : une seule pièce circule au VIIIéme s. en occident, il réapparait au Xème , puis XIIIème, enfin édition princeps fin XVème.
Nos gens bavardent sur l'agora et, pêle-mêle, fuient devant la corde vermillonnée. Les prytanes mêmes ne sont pas là, mais arriveront en retard, et, ensuite, se bousculeront l'un l'autre, une fois ici, pour s'emparer du premier banc, tous ensemble, comme un torrent... Et moi, toujours le tout premier, j'arrive à l'assemblée, je m'assieds; puis, comme je suis seul, je geins, je baille, je m'étire, je pète, je ne sais que faire, je dessine sur le sol, je m'arrache des poils, je fais mes comptes.
1er serviteur
que dis-tu ? une statue des dieux? Ah ça ? Tu y crois donc, aux dieux ?
2d serviteur
Sans doute.
1er serviteur
Sur quoi te fondes-tu ?
2d serviteur
Sur ce que "les dieux me sont ennemis". N'est-ce pas conséquent?
Dans "Les cavaliers", le coryphée attaque "le paphlagonien" c'est à dire Cléon, ennemi personnel et politique d'Aristophane. On peut ainsi parler de la comédie dans la citoyenneté : élément des cérémonies religieuses, soumis aux citoyens (concours), ce theâtre est essentiellement politique. Il incite les citoyens à l'action en se moquant des hommes politiques avec les moyens d'un Coluche.
Le paphlagonien
(aux spectateurs) Vieillards heliastes, confràres du triobole, vous que je sustente en vociférant a droit ou a tort, au secours ! Je suis battu par des conspirateurs !
Le coryphée
Et c'est justice, puisque tu dévores les biens de l'Etat..., que tu palpes comme des figues a cueillir et presses les comptables publics..., que parmi les citoyens tu guettes l'agneau, riche, point méchant, redoutant les affaires; que si tu en connais un qui soit inoffensif... tu le saisis à bras le corps, lui donnes le croc en jambe, puis... tu l'as vite baisé.
Le paphlagonien
Vous aussi vous m'attaquez ! Et moi, c'est pour vous messieurs que je me suis battu, parce que j'allais ouvrir l'avis qu'il est juste d'ériger sur l'Acropole un monument en souvenir de votre vaillance.
Le coryphée
Qu'il est hableur ! Qu'il est roublard ! (au choeur) As-tu vu comme il flatte bassement ? Il nous prend pour des vieillards dont il veut se jouer.