Classe de seconde - Histoire

La citoyenneté à Athènes et Rome

Progression réalisée par Pierre Mallet (pmallet@club-internet.fr)

REMARQUES :

1. Les problèmes chronologiques sont traités dans un module intitulé : “Situer les leçons sur l'Antiquité”.

2. Les références renvoient au manuel de seconde Hachette.

Pour ce cours, il faut :

Commander le film : “Les monuments de l'Acropole”

La projectionneuse et mes photos sur l'Acropole

Le jeu de dictionnaires; un par table

ÊTRE CITOYEN

Voir le manuel aux chapitres I, page 10, II, page 26, et XI, page 180.

I. UNE PLACE DANS LA COMMUNAUTÉ

1°. De nos jours en France

2°. A Athènes au V° siècle avant JC

3°. Dans l'Empire romain au II° siècle après JC

II. CITOYEN ET POUVOIR POLITIQUE

1°. De nos jours en France

2°. A Athènes au V° siècle avant JC

3°. Dans l'Empire romain au II° siècle après JC

III. SOLIDARITÉS ET COHÉSION

1°. De nos jours en France

2°. A Athènes au V° siècle avant JC

3°. Dans l'Empire romain au II° siècle après JC

I. UNE PLACE DANS LA COMMUNAUTÉ

1°. De nos jours en France

Une question comme point de départ :

Quelle différence y a-t-il entre “citoyen” et “individu” ?

Être citoyen implique qu'on fait parti d'un corps politique, un État, qu'on a dans ce corps politique des droits, des devoirs, et donc des responsabilités. Individu, ou Homme, ou personne n'implique qu'une appartenance à une espèce biologique : homo sapiens sapiens.

Aboutir à une définition de citoyen, avec l'aide éventuelle du dictionnaire. Tous les habitants de la France sont-ils des citoyens ? L'article 3 de la Constitution stipule que l'accès à la citoyenneté se confond avec la jouissance de la nationalité. Þ il faut être Français. Attention, ce la ne signifie pas que les étrangers n'ont pas de droits sur notre territoire (tous jouissent de droits économiques et sociaux, comme l'éducation, la protection sociale, le travail, et des libertés fondamentales. Ils ont aussi des devoirs : paiement de l'impôt, contributions sociales, respect de l'ordre public).

Mais qu'est-ce qu'être Français ? On peut l'être à la naissance ou par acquisition :

Être français (selon le code de la nationalité voté en juin 1993)

Français à la naissance : un droit

1 - Attribution par la filiation : enfant né d'un parent Français (les enfants de " couples mixtes " sont Français à la naissance), que la naissance ait lieu en France ou hors de France, que la filiation soit légitime, naturelle ou adoptive

2 - Attribution par la naissance en France (double droit du sol) enfant né en France d'un parent lui-même né en France ou dans un territoire d'Outre-mer ou une colonie (Algérie) avant l'Indépendance. A partir du 1/1/1994, les enfants d'Algériens bénéficient toujours du double droit du sol et sont Français à la naissance, si leur parent réside en France depuis cinq ans au moment de la naissance.

Français par acquisition

soit un droit

1 - Acquisition automatique (sans formalité) :

Avant 18 ans, si l'un des parents devient Français (effet collectif)

Avant 21 ans, si incorporation dans l'armée française

2 - Acquisition par simple manifestation de volonté entre 16 et 21 ans

(droit du sol simple): Avant 18 ans, être né en France avoir sa résidence en France depuis 5 ans Après 18 ans ne pas avoir été condamné à plus de 6 mois de prison ferme pour certains délits ne pas avoir fait l'objet d'un arrêté d'expulsion ni d'une interdiction du territoire

3 - Acquisition par simple déclaration après mariage avec un conjoint français:

2 ans de mariage, sauf lorsqu'il y a naissance d'un enfant avant ou après mariage (dans ce cas, aucun délai exigé) ne pas avoir fait l'objet d'un arrêté d'expulsion ni d'une interdiction du territoire. Le gouvernement peut s'opposer par décret pour indignité ou défaut d'assimilation

Français par acquisition la naturalisation (un privilège accordé par décret)

1 - Conditions:

majorité du postulant (18 ans), assimilation " selon sa condition ", " bonnes vie et mœurs ", 5 ans de résidence en France mais possibilité de dispense Celui dont le séjour est irrégulier ne peut acquérir la nationalité française

2 - Procédure: Désormais, toutes les décisions de rejet ou d'ajournement doivent être motivées

En fait les choses se compliquent de nos jours, car il n'y a pas qu'une citoyenneté nationale, mais aussi supranationale : la citoyenneté

européenne.

Article 8 du traité de Maastricht sur l'Union européenne, 1992

1. Il est institué une citoyenneté de l'Union. Est citoyen de l'Union toute personne ayant la nationalité d'un des États membres.

2. Les citoyens de l'Union jouissent des droits et sont soumis aux devoirs prévus par le présent traité.

La France, par ce traité, s'est engagée à accorder le droit de vote aux étrangers de l'Union européenne pour les élections municipales, mais cet engagement n'est toujours pas tenu. Bon, laissons ce point délicat pour les juristes européens. Mais il faut aussi être majeur, c'est à dire plus de 18 ans depuis 1974.

Il ne faut pas être privé de ses droits civiques : Ce texte est extrait de l'article 42 du Code pénal qui est le recueil des lois françaises concernant les infractions (contraventions, délits, crimes) et des peines prévues. “Les tribunaux (...) pourront, dans certains cas, interdire, en tout ou en partie, l'exercice des droits (...) suivants : - de vote et d'élection, - d'éligibilité, - d'être appelé ou [d'exercer] (...) des emplois de l'administration (...) - de témoignage en justice.“

Le citoyen est en quelque sorte “protégé” par des droits.

Lire les articles 1, 2, 7, 9, 10, et 11, de la Déclaration des droits de l'homme, page 180. de quelle protection bénéficie le citoyen ?

réponse : l'égalité avec les autres, Liberté, propriété, sûreté, résistance à l'oppression, Liberté individuelle face à l'arbitraire. Il est présumé innocent , il a la liberté de pensée, la liberté de communication. Il a aussi des devoirs :

Lire les articles 4, 12 et 13 de la DDHC, page 180. Quels sont les devoirs qui se déduisent de ces articles ?

Réponse : ne pas dépasser les bornes de la liberté des autres Payer des impôts. Peut-on imaginer d'autres devoirs du citoyen ? Le devoir certainement le plus lourd et le plus terrible, qui a coûté la vie à près de 2 millions d'hommes au XX° siècle, c'est la défense du territoire national. Un autre : “Nul n'est censé ignorer la loi” Þ se tenir informé de la Loi. D'ailleurs une loi n'entre en vigueur qu'un jour franc après sa publication au J.O, le temps de pouvoir s'informer.

Chercher dans le dictionnaire “citoyen” et “civisme”. Lequel évoque plutôt des devoirs, lequel évoque plutôt des droits ? Que signifie :

faire preuve de civisme. Donner des exemples d'une attitude civique.

Finalement, il apparaît que le citoyen est co-responsable de la collectivité.

Ceci étant posé, l'immense majorité des gens qui habitent la France sont des citoyens à partir de leur majorité. C'est le résultat d'une suite d'événements politiques capitaux : lesquels ? Quels événements sont à l'origine de la citoyenneté telle que nous la connaissons maintenant ?

Réponse : la DDHC du 26/8/1789, reprise dans notre Constitution, beau début...qui “oubliait” la moitié de l'Humanité, c'est à dire les femmes, qui n'ont eu le droit de voter en France qu'en 1945, et l'égalité civile, spécialement la femme mariée, encore plus tard. Les Hommes qui, lors de la Révolution ont élaboré la DDHC, étaient imprégnés de culture antique gréco-romaine. De fait, dès l'Antiquité, certains États avaient donné à certains de leurs habitants la qualité de citoyen. Était-ce la même conception que la nôtre ?

2°. A Athènes au V° siècle avant JC

Lire le texte 3, page 17.

Quelles sont, à travers le texte d'Aristote, les conditions requises pour être citoyen athénien ?

Né de père athénien et de mère fille d'Athénien , légitimement. Être libre Avoir fait son service militaire.

D'après le schéma 2 page 15, et le 1°§ de A page 16, qui ne peut être citoyen à Athènes ?

Les mineurs, les femmes. Même liées aux citoyens en tant que mères, épouses ou filles, les femmes ne sont pas des citoyennes. L'inégalité entre les femmes et les hommes paraît naturelle aux Athéniens.

Elles n'ont aucun droit politique ou juridique et ne peuvent être propriétaires. Elles vivent toujours sous l'autorité d'un tuteur masculin. La cité leur fait cependant une place dans le corps civique: comme les hommes, elles contribuent à transmettre la citoyenneté par la procréation d'enfants légitimes. Elles participent aussi très largement à la religion de la cité: elles peuvent accéder librement aux sanctuaires publics et leur présence est attestée dans les grandes fêtes civiques. Mais la femme athénienne reste donc toute sa vie sous la dépendance d'un homme, que celui-ci soit son père, son mari, son frère ou son fils. Elle n'a aucune capacité juridique; son futur époux est choisi par son père; son mari peut la répudier. L'annulation du mariage par la volonté de la femme est cependant possible. Une femme répudiée ou veuve doit retourner chez son père, afin d'être remariée.

L'Athénienne mène une vie repliée sur un cercle féminin. Elle ne reçoit pas d'éducation dans le cadre de l'école, qui est réservée aux garçons. Elle s'initie à son futur rôle social avec les femmes de la maisonnée: élever des enfants, faire la cuisine, coudre et commander aux servantes. L'Athénienne de bonne famille ne sort de chez elle que pour accomplir ses devoirs religieux. En revanche, la femme du peuple doit se rendre elle-même au marché, voire travailler comme nourrice. La seule femme libre à Athènes est l'hétaïre, genre de prostituée de luxe, dont la plus célèbre est Aspasie, la copine de Périclès. Ce statut de la femme dans la société n'a pas été remis en cause par les Athéniens. Les mythes et la littérature athénienne du V° siècle av. J.-C. le justifient pleinement. Nous ne savons pas quelle pouvait être la réaction des femmes face à cette misogynie* athénienne, car aucun témoignage féminin ne nous est parvenu pour cette époque.

les métèques (voir définition page 284)

les esclaves (voir définition page 282)

Construire un graphique rendant compte des faits statistiques présentés en 5, page 25.

D'après les réponses aux questions ci-dessus, faites apparaître toutes les différences entre la citoyenneté athénienne et la nôtre.

De quel avantage dispose le citoyen athénien d'après le texte 2, page 17 ? quel est son nom ?

Réponse : Isonomie

Pour terminer, disons que les Athéniens voient la citoyenneté comme quelque chose de très fermé : l'attribution de la citoyenneté athénienne est extrêmement rare.

3°. Dans l'Empire romain au II° siècle après JC

D'après la colonne de gauche du tableau 5, page 31, de quoi dépend la qualité de citoyen romain ? Apparemment, du droit qui régit la cité dont on est originaire. Il y a dans l'Empire romain une citoyenneté hiérarchisée, une sorte de citoyenneté à la carte, qui dépend du type de droit qui régit la cité dont on est originaire.

L'Empire se présente comme une fédération, une mosaïque de cités. La Cité comprend une ville et un territoire d'étendue très variable. Quand les Romains ont conquis les Provinces, ils ont maintenu la citoyenneté locale : tout individu vit selon le droit de sa communauté, ce qui représente une grande variété de statuts. Mais partout esclaves, affranchis et femmes sont exclus de toute citoyenneté. Cf Athènes.

La citoyenneté locale est transmise par le père et n'est pas liée à la résidence : l'installation dans une autre cité ne la supprime pas.

De quels cas particuliers font état les texte 3, page 31, 1, page 40, et 3, page 29 ?

Seul l'Empereur peut modifier le statu originel d'un individu. A propos du cas 3, page 29, il faut dire que depuis Auguste, l'armée n'est plus une armée citoyenne, levée en cas de besoin, mais une armée de métier, permanente, avec service de longue durée. On voit que l'armée est un moyen de promotion.

D'après la colonne de gauche du tableau 5, page 31, énumérer en partant du moins prestigieux, les différents types de statuts juridiques des cités. Réponse : Cités pérégrines, Cités de droit latin, Cités de droit romain, Cités pérégrines : étrangères au droit romain. Certaines s'administrent librement, d'autres sont soumises à un gouverneur. Elles paient un impôt : le tribut. Les habitants ne sont pas citoyens romains. Cités de droit latin : se rapprochent du droit romain, mais les habitants ne peuvent être éligibles à une magistrature romaine. Mais les magistrats et anciens magistrats de ces cités deviennent à partir de 130 automatiquement citoyens romains (voir le rectangle rose du tableau de la page 31). Cités de droit romain : Intégralité de la citoyenneté romaine. Cette citoyenneté romaine donne de sérieux avantages : lire le début du texte 2, page 40. De plus, le tribut (impôt foncier et personnel) ne pèse que sur les terres pérégrines.

Une grande différence avec Athènes : ce droit de cité, cette citoyenneté romaine, n'est pas jalousement gardée, mais au contraire constamment ouverte. Par exemple en bénéficient tous les italiens depuis les “guerres sociales”, de 90-88 avant JC.

D'après le texte 6, page 31, quel fait nouveau intervient en 212 ? En quoi explique-t-il les deux colonnes du schéma 5 de la page 31 ?

Ainsi Rome, à la différence d'Athènes, a su ouvrir sa citoyenneté à tous les hommes libres descendants des peuples vaincus. Mais la citoyenneté n'est pas qu'une place dans la société; c'est aussi une qualité qui permet de participer à la puissance publique, au pouvoir politique.

II. CITOYEN ET POUVOIR POLITIQUE

1°. De nos jours en France

Après avoir lu les articles 3, 6, 14, de la DDHC, page 180, dites en quoi le citoyen français dispose d'une parcelle de pouvoir politique ?

Montrer en transparent 1 l'exercice de la souveraineté nationale. D'après le transparent 1, quels sont les deux moyens pour les citoyens d'exercer leur souveraineté ?

Réponse : les élections et le référendum. Ceci est affirmé dans l'article 3 de la Constitution de 1958 : “La souveraineté appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et la la voie de référendum.”

D'après le transparent 2, le gouvernement de la France est-il élu par les Français ? Dans quelle mesure peut on parler de souveraineté populaire ?

Réponses : le gouvernement de la France est contrôlé par des élus des Français : Président de la République, députés. Il suffit que la majorité de l'Assemblée Nationale change pour que le gouvernement change.

En quoi le gouvernement de la France est-il cependant très libre par rapport à la souveraineté nationale ? La démocratie consiste chez nous à élire des députés et un Président, c'est à dire à leur signer un chèque en blanc pour 5 et 7 ans. Ce personnel politique, une fois élu, fait ce qu'il veut (un œil sur les sondages quand même !) Pas de référendum d'initiative populaire, comme en Suisse. Les décisions du gouvernement ne sont pas toutes, loin de là, soumises au Parlement (AN + Sénat). Elles ne sont pas toutes du domaine de la loi. Exemple : les programmes d'Histoire-Géo que nous appliquons en ce moment.

Le gouvernement lui-même peut, en ne prenant pas les décrets d'application, ne pas respecter la volonté des députés. Mais le gouvernement est parfois lui même impuissant.

L'administration théoriquement aux ordres du gouvernement peut de différentes manières bloquer une décisions des députés. Une haute administration souvent soudée par une même origine (l'ENA) est presque immuable.

On sent parfois le gouvernement démuni devant des groupes de pression très influents : bâtiment et TP poussant à de grands travaux, groupe de pression du nucléaire qui semble noyauté par un grand corps de l'État, syndicats, comme ceux de l'EN, chauffeurs routiers. Il n'en reste pas moins que les élections présidentielles, législatives*, municipales, sont des moments forts de la vie politique française. Par ces votes les Français se sentent co-responsables de la politique de notre pays.

2°. A Athènes au V° siècle avant JC

A Athènes au V° siècle, on a vu s'appliquer un système où le pouvoir n'est pas aux mains d'un seul, mais des citoyens. C'est ce régime que les Grecs ont appelé Démocratie* C'est finalement assez rare, même à notre époque.

Lire le texte 4, page 17. Voyez vous dans ce texte une des raisons qui a fait mettre ce point au programme ? D'après l'axe de la page 10, pendant combien de temps a régné la Démocratie à Athènes ? 169 ans avec des hauts et des bas. D'après le même document, quels autres régimes se sont succédé ? définir chacun, y compris le dernier (en jaune), grâce au lexique pages 280-287. La démocratie athénienne est un accident historique assez étrange : on ne voit pas d'explication vraiment convaincant pour cet épisode.

D'après le texte 2 page 17, montrez les pouvoirs politiques du citoyen. Vous semblent-ils comparables aux nôtres ? C'est le peuple qui commande, qui règne, et ce, sans distinction de richesses. Vu ainsi, cette déclaration pourrait s'appliquer à la France de nos jours;

Mais quelle est la nature du texte 2 ? est-il fiable ? Montrer, d'après le schéma 2, page 15, comment s'exerce la souveraineté des citoyens athéniens ? quelle est la très grande différence avec notre système ? Réponse : il s'agit d'une démocratie directe. Pour quelle raison un tel système de nos jours ne serait pas qualifié de démocratique ? Les citoyens sont loin de représenter tout le peuple : il s'agit en fait d'une aristocratie élargie.

Les Athéniens ont le mérite d'avoir réfléchi sur la politique. Certains sont assez lucides sur les défauts du système. Après avoir lu le 1° texte du document 2, page 17 et le 1° texte du document 2, page 27, énumérez les défauts du système démocratique. Pourrions-nous reprendre ces défauts à notre compte ?

3°. A Rome au II° siècle après JC

Partir du schéma transparent (référence Bordas, page 36) Dans quel type de régime politique nous-trouvons-nous ? Justifiez votre point de vue. Indiscutablement une monarchie. L'Empereur est considéré comme le premier des citoyens (Princeps). Il dispose de l'imperium, civil et militaire. Le citoyen, dans un tel système, a-t-il un pouvoir politique ? Non : les assemblées du peuple romain (les comices) n'ont presqu'aucun pouvoir. En fait, la situation au II° siècle est le résultat d'une longue évolution. La République romaine, de 509 à 27 avant JC (Octave = Auguste= Empereur) n'avait jamais été d'une inspiration démocratique. Toutes sortes de trucages dans les votes aux comices permettaient à une minorité de diriger l'État. Avec la prise du pouvoir par Auguste, les institutions républicaines sont vidées de leur sens. Les empereurs cumulent tous les pouvoirs auparavant dispersés entre différents magistratures. La citoyenneté n'offre pus qu'un avantage : elle est indispensable pour devenir magistrat. Et encore...seules les couches supérieures de la société, “honestiores”=” gens bien”, peuvent accéder aux principales fonctions. Les “humiliores”, (voir étymologie) ne comptent pratiquement pas. Même pour les honestiores, il y a des différences : le recensement qui a lieu tous les 5 ans permet de déterminer la position sociale de chacun et donc la participation ou non à la véritable vie politique. Pour faire partie de l'ordre sénatorial, il faut une fortune de plus de 1 million de sesterces; pour l'ordre équestre, 400 000. Remarquons cependant que cette société n'est pas fermée dans la mesure où il suffit de s'enrichir pour accéder au rang supérieur. La citoyenneté romaine constitue donc surtout une étape vers de plus hautes fonctions. La pauvreté de nombreux citoyens les contraint à devenir les “clients” d'un riche “patron”. Le patron assure à sa clientèle aide et protection en échange de différents services. Le client vient saluer son patron le matin, et reçoit en échange à l'office sa “sportule”, son “panier-repas” ! Le patron peut compter sur ses clients en toute occasion, vote, par exemple. Les distributions publiques étaient aussi le fait de l'État, qui, ainsi, et avec les jeux du cirque, maintient calme une foule de pauvres oisifs. A Rome, 200 000 personnes bénéficient régulièrement des distributions gratuites de blé et d'huile, parfois de dons en espèces et par an d'une centaine de jours de fêtes et de jeux.

“A présent que nul n'achète plus nos votes, le public a depuis longtemps banni tout soucis. Le peuple qui jadis octroyait des commandements, des consulats, des légions, et bien d'autres choses, ne se mêle plus aujourd'hui de rien et n'aspire qu'à deux choses : du pain et les jeux du cirque. “ Juvénal, Satires.

Dans ces conditions le citoyen romain ne brille plus guère par son civisme, d'autant plus qu'il n'a même plus comme on l'a vu, le soucis de défendre sa terre. L'armée romaine fait de plus en plus appel à des non citoyens et même dans le bas Empire à des barbares. Des citoyens français, athénien, romain, lequel a le plus de pouvoir politiques ? Justifiez votre réponse.

III. SOLIDARITÉS ET COHÉSION

Le corps politique est comme un corps biologique : tant qu'existe la Vie, les différentes cellules participent à une activité qui les dépasse. Sitôt que cette force cesse, c'est la dispersion et la mort. C'est pourquoi le corps politique veille, sous peine de mort, à maintenir la cohésion de ses citoyens. Cela n'est pas nouveau, et les peuples les plus primitifs n'ignorent pas cette nécessité vitale. Mais ce n'est pas facile à obtenir, car il faut que chaque citoyen soit globalement d'accord avec le schéma d'ensemble. Son adhésion profonde repose moins sur des facteurs rationnels peu solides, que sur des facteurs affectifs et irrationnels.

1°. De nos jours en France

Quels sont les symboles qui évoquent le plus la République pour vous ? Éléments de réponse : Le drapeau tricolore,Le buste de Marianne,L'hymne national,La flamme du soldat inconnu,

Notre adhésion à la République doit aussi se retremper régulièrement. Citer quelques manifestations républicaines. Le 14 Juillet et son défilé ,Ranimer la flamme du soldat inconnu en diverses circonstances, Les commémorations, en particulier celle du 11 Novembre.

Des monuments symbolisent aussi la cohésion nationale. Parler du 11 Novembre fait penser aux monuments aux morts, spécialité française dans sa multiplicité, avec les cérémonies qui les accompagnent. Mais par ailleurs la République n'utilise pas beaucoup les bâtiments comme symbole de souveraineté, à la différence de la monarchie avec le Louvre et surtout Versailles. Les commémorations montrent le rôle très important qu'on donne chez nous au passé dans la cohésion : les Français ont d'abord une histoire commune (sous-entendu : il faut s'en montrer digne !). “...l'histoire tient, dans ce pays, un rôle à part, qui est un rôle décisif. Pour l'illustrer, je partirai d'un propos, dont tout l'intérêt est de paraître évident. Propos de bon sens, qui s'impose de lui-même et que nul n'a envie de discuter. Propos autorisé, de surcroît, puisqu'il émane de la plus haute autorité de l'État. A l'occasion d'un Conseil des ministres qui avait évoqué le problème de l'enseignement de l'histoire, en 1982, le président Mitterrand a déclaré sans susciter d'autre réaction que des approbations: " Un peuple qui n'enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité. " L'intéressant, dans cette affirmation, n'est pas d'abord qu'elle soit fausse, bien qu'elle le soit, comme un simple coup d'œil jeté hors de l'Hexagone suffira pour s'en convaincre : de nombreux pays, à commencer par les États-Unis et la Grande-Bretagne, affirment un très vigoureux sentiment d'identité nationale alors que l'enseignement de l'histoire y tient une place marginale, voire inexistante. Aux États-Unis, par exemple, dans toute la scolarité élémentaire et secondaire jusqu'à dix-huit ans, la place de l'histoire se réduit généralement à un seul cours, enseigné pendant une seule année. La construction de l'identité nationale peut emprunter bien d'autres voies que l'étude de l'histoire. Inversement, celle-ci ne réussit pas automatiquement à développer l'identité recherchée : l'indépendance de l'Algérie a été l'œuvre d'hommes qui, enfants, avaient appris l'histoire de France et répété " Nos ancêtres les Gaulois... ". Dans sa généralité même, l'affirmation du président de la République est erronée. Elle n'en est pas moins fort significative, à un double titre. En premier lieu, parce qu'aucune voix, même respectueuse, n'a relevé l'erreur du président. C'est qu'il n'avait pas émis une opinion personnelle : il s'était borné à exprimer un point de vue couramment admis, une banalité. Les Français sont unanimes à penser que leur identité, et presque leur existence nationale, passe par l'enseignement de l'histoire: " Une société qui évacue insensiblement l'histoire de ses écoles est une société suicidaire . " Rien de moins. . . En second lieu.personne ne s'est étonné que le chef de l'État ait cru bon de donner son avis sur l'enseignement de l'histoire. Aux yeux des Français, il semble évident que cela fasse partie des devoirs de sa charge. La France est sa doute le seul pays au monde où l'enseignement de l'histoire soit une affaire d'État, évoquée comme telle en Conseil des ministres...” Antoine Prost, Douze leçons sur l'Histoire

Finalement, l'arrêté du 12/8/1880 sur l'enseignement de l'Histoire est encore valable : " L'histoire de France en particulier devra mettre en lumière le développement général des institutions, d'où est sortie la société moderne; elle devra inspirer le respect et l'attachement pour les principes sur lesquels cette société est fondée . " L'ethnologie montre que les rites de passage c'est à dire l'ensemble des cérémonies qui conduisent un individu ou un groupe d'un état à un autre, de l'état d'enfant à celui d'adulte par exemple, existent depuis la nuit des temps dans toutes les collectivités. Or le passage, très important, de l'état de non-citoyen à celui de citoyen s'effectue sans autre formalité que l'inscription sur les listes électorales. Et encore ! Maintenant, cette inscription se fera automatiquement... (1997) Il semble que nous vivions une époque où la notion de rite de passage n'a plus la cote ! Du célibataire à l'individu vivant en couple, le mariage n'a plus le succès d'autrefois. Le service militaire n'existe pratiquement plus. On devient donc citoyen sans s'apercevoir de rien. Non seulement cela, mais on voit une très nette hostilité de la part de certains à ce gen re de choses. Quand il s'est agi, dans le code de nationalité de 1993 de demander à des jeunes gens de manifester leur volonté d'être Français, il s'est trouvé des gens pour protester : “On ne voit pas par quel miracle on résoudrait les problèmes d'identité nationale auxquels la France est prétendument confrontée en obligeant les jeunes étrangers [...] et eux seuls à exprimer de façon expresse leur volonté de devenir français [...] Exiger d'un jeune qu'il accomplisse une démarche positive là où aujourd'hui il n'a aucune formalité à accomplir ne manquerait pas d'être perçu comme un recul, d'une part, comme une marque de défiance, voire une forme de discrimination de l'autre, puisque cet acte de volonté n'est pas exigé des Français de naissance [...] “ D'après la Semaine nationale d'éducation contre le racisme (1993), sous le patronage du ministère de l'Éducation nationale On sent que l'évolution de notre citoyenneté mène vers une situation où le citoyen a surtout des droits et de moins en moins de devoirs, le devoir étant devenu, croit-on, attentatoire à la liberté. Il y a là une situation qui me semble instable. Une société peut-elle se composer d'ayant-droits irresponsables ? Énumérez tout ce qui, de nos jours en France, entraîne la cohésion des citoyens.

Réponse :

Symboles, Manifestations, fêtes, Monuments, Histoire

Changeons de peuplade et d'époque !

2°. A Athènes au V° siècle avant JC

La cohésion citoyenne à Athènes dispose d'un atout inconnu d'un État laïque comme le nôtre : la religion. Lire le 1° § de A, page 18.

Athéna est la déesse protectrice de la cité. Ses symboles sont la chouette (?) et l'olivier (?). Voir document 1, page 12. Il ne fait pas bon aller à l'encontre des principes religieux. Socrate (470-399) est condamné à boire la ciguë pour la raison qu'il corrompt la jeunesse en honorant d'autres dieux que ceux de la cité. Dans ce contexte religieux, l'ensemble monumental de l'Acropole (lire définition à gauche de la page 18) prend toute sa signification. A replacer dans des cartes à différentes échelles : 5, page 15, et 2, page 19. remarquer que la carte et la photo sont orientées différemment. Lire les 2° et 3° § de A, page 18. D'après le document 2, page 19, nommer les monuments encore existants de nos jours sur l'acropole d'Athènes. Projection de diapos personnelles sur l'Acropole. Placer à un moment quelconque la projection du film “Les monuments de l'Acropole”. Placer un mot sur le Parthénon et sa complexité, tant dans le plan qu'en élévation, en s'appuyant sur les documents 7 et 9, page 21. La beauté de ces monuments qui rayonnent encore de nos jours d'une énergie formidable ne pouvaient que frapper d'émerveillement les contemporains, même si les subtilités architecturales échappaient à leur raison (pas à leur perception : messages subliminaux) de la plupart ! Quel effet psychologique les monuments de l'Acropole pouvaient-ils provoquer chez le citoyen athénien ? Réponse : fierté, sentiment de solidarité, validité de la protection des dieux, etc...

La fête contribue aussi à Athènes au renforcement de l'esprit civique. La plus importante est chaque année en juillet-août le fête de Panathénées. tout la population défile en procession à travers le ville jusqu'au Parthénon pour rendre hommage à la déesse protectrice. Voir le trajet final en 2, page 19. Tous les quatre ans, les grandes Panathénées : on change le péplos de la déesse. Cette procession nous est bien connue grâce à la frise de Phidias. Voir 6, page 20. tout cela entraîne la fierté du citoyen. C'est pourquoi le devenir nécessite un rite de passage : l'éphébie. Lire le texte 3, page 17 : devenir citoyen athénien. Mais peu à peu le système politique se dégrade. L'indemnité du misthos (salaire) instituée par Périclès en 451 versée à tout citoyen tiré au sort pour occuper une fonction publique est étendue à la présence à l'assemblée. Après le choc des guerres du Péloponnèse (431-404) nombreux sont les citoyens qui vivent en assistés par le système du misthos. La recherche de la richesse personnelle gagne les citoyens qui paient leurs impôts de plus en plus à contrecoeur. L'armée athénienne se vide peu à peu de son contenu civique et les citoyens répugnent à assurer leur temps de service. L'armée devient donc peu à peu mercenaire. La démocratie s'éteint sans grand heurt après la victoire de Philippe à Chéronée en 338, qui impose la monarchie.

3°. A Rome au II° siècle après JC

De son nom même le citoyen romain tire une grand fierté, car il fait référence à la “Ville” par excellence. Les autres ne peuvent qu'en être des copies. Se reporter aux documents 1, page 32, et 2, page 33. Nommer en s'aidant du plan 2, page 33 les bâtiments figurant dans la maquette 1, page 32.Être citoyen romain, c'est être un admirateur de la ville de Rome, imprégné d'un esprit militaire, et pratiquer un art de vivre urbain. Après avoir lu le document 6, page 34, chercher les points communs de deux villes romaines : Timgad (Algérie) et Arles (France). D'après la page 34, que signifient les mots “Cardo” et “Decumanus” (photo 7, page 35) ?

Réponse : un plan militaire (au carré !) et des monuments typiques; Être romain,c'est donc vivre “à la romaine”. Voir le transparent extrait du “Combat des chefs”, album Astérix. On voit, à travers cet exemple amusant ce que le mode de vie romain peut avoir de fascinant. devenir citoyen romain, c'est devenir un être civilisé. Cette fascination permet à Rome de gagner les esprits à sa domination politique.

Chercher dans le texte 3, page 37, des exemples du “romanus modus vivendi”. La religion ne prend un aspect civique que dans le culte de l'Empereur. On rend en effet un culte à l'empereur vivant et aux empereurs morts et divinisés. Ce culte pose évidemment un problème aux juifs et aux chrétiens. Il semble que les romains aient respecté les juifs. Pourquoi les Chrétiens sont-ils persécutés ?

Et pourtant, cette prestigieuse citoyenneté romaine elle aussi va se diluer et devenir inopérante. A partir du III° siècle, l'instabilité politique détruit l'œuvre d'unité. Tout repose alors sur la personnalité des empereurs. Le Christianisme joue-t-il un rôle ? Il ne semble pas, car il est récupéré par le pouvoir politique au IV° siècle. En ce qui concerne la chute de l'Empire romain d'Occident, au V° siècle, on peut dire que les citoyens romains n'ont pas fait de résistance!...Pourquoi ?

CONCLUSION

Nous avons saisi à trois moments historiques trois façons de faire partie de la communauté politique. Il y en a d'autres. Par le fait qu'en France, la Révolution a voulu trancher avec l'époque antérieure, on est amené à passe sous silence une citoyenneté d'Ancien régime, pourtant bien vivante, dans les communes du Moyen-âge, en France et ailleurs, en Italie, par exemple. ceci est connu. Mais ailleurs, chez lez Mayas ? les Chinois ?...