Mais il y a quelque chose qui, décidément, mérite maintenant autant d'attention et d'admiration que tout le reste : je veux dire votre généreuse et magnifique citoyenneté, Romains, avec sa grandiose conception, car il n'y a rien d'équivalent dans toute l'histoire de l'humanité. Vous avez fait deux parts de ceux qui vivent sous votre Empire - c'est à dire toute la terre habitée - et vous avez partout donné la citoyenneté et comme un droit de parenté avec vous à ceux qui représentent les élites du talent, du courage ou de l'influence, le reste vous étant soumis comme des sujets. Ni les mers ni les terres ne sont un obstacle sur la route de la citoyenneté, l'Europe et l'Asie ne sont pas traitées différemment. Tous les droits sont à la disposition de tous. Aucun de ceux qui méritent pouvoir ou confiance n'est tenu à l'écart, mais au contraire une libre communauté a été établie pour toute la terre, sous la direction d'un responsable unique, garant de l'ordre du monde, qui se trouve être le meilleur possible; et tous se pressent, afin que chacun recoive son dû, vers votre citoyenneté, comme vers une commune agora. Et comme les autres cités ont leurs propres frontières et leur propre territoire, cette cité (la votre) a pour frontières et pour territoire le monde habité tout entier.
- un sénateur :
L'Italie n'est pas malade au point de ne pouvoir fournir un Sénat à sa capitale... Ne suffit-il pas que des Vénètes et des Insubres aient fait irruption à la Curie ? Quels honneurs laisserait-on à ce qui restait de nobles, ou aux sénateurs nés dans le Latium et appauvris ? Ils allaient tout encombrer ces riches Gaulois dont les ancètres avaient massacré nos légions, assiégé le divin Jules dans Alésia.
- l'empereur Claude :
Quelle autre cause y a-t-il à la ruine des Lacédémoniens et des Athéniens, en dépit de leur valeur guerrière, que leur entêtement à écarter les vaincus comme étrangers ? Au contraire, le fondateur de notre empire, Romulus, a eu assez de sagesse pour traiter le même jour les mêmes peuples en ennemis et en citoyens. Des étrangers ont régné sur nous; des fils d'affranchis ont accès aux magistratures, et le fait n'est pas nouveau, comme on a tort de le croire : l'ancienne Rome en a donné maintes fois des exemples.
Quand on l'eut atttaché avec des courroies, Paul dit au centurion de service : "Un citoyen, et qui n'a pas encore été jugé, vous est-il permis de lui donner le fouet ?" A ces mots le centurion va trouver le tribun pour le prévenir : "Que vas-tu faire ? Cet homme est citoyen romain". Le tribun vint donc demander à Paul : "Dis-moi, tu es cotoyen romain ? - Oui" répondit-il. Le tribun reprit : "Moi, il m'a fallu une forte somme pou acheter ce droit de cité. - Et moi, dit Paul, je le suis de naissance". Aussitôy donc, ceux qui allaient le mettre à la question s'écartèrent de lui, et le tribun lui-même eut peur, sachant que c'était un citoyen romain qu'il avait chargé de chaînes".
Le piémont qui fait suite, jusqu'au mont Pyréné, est gouverné par un deuxième légat, avec la légion restante. Le troisième surveille l'intérieur et protège les intérêts de ceux qu'on appelle déjà togati, comme pour signifier que leur caractère pacifique, ainsi que l'adoption de moeurs douces et d'un genre de vie modelé sur celui des Italiens, va de pair avec le port de la toge.
L'hiver fut employé toit entier aux mesures les plus salutaires : pour habituer par les jouissances à la paix et à la tranquillité des hommes disséminés, sauvages et par là même disposés à guerroyer, il exhortait les particuliers, il aidait les collectivités à édufier temples, forums, maisons, louant les gens empressés, gourmandant les nonchalents : ainsi l'émulation dans la recherche de la considération remplacait la contrainte. De plus, il faisait instruire dans les arts libéraux les fils des chefs, et préférait les dons naturels des Bretons aux talents acquis des Gaulois, si bien qu'après avoir naguère dédaigné la langue de Rome, ils se passionnaient pour son éloquence. On en vint même à priser notre costume et souvent à porter la toge; peu à peu on se laissa séduire par nos vices, par le goût des portiques, des bains et des festins raffinés; dans leur inexpérience, ils appelaient civilisation ce qui contribuait à leur asservissement.