1848-1871 Régimes et révolutions

1) chronologie

1848 : février : insurrection parisienne , gouvernement provisoire

: juin : émeutes ouvrières

: décemble : Louis-Napoléon Bonaparte président de la République

1850 : mars : Loi Falloux

1851 : décembre : coup d'Etat de LN Bonaparte

1852 : décembre : rétablissement de l 'Empire

1860 : traité commercial franco-britannique

rattachement de la Savoie et Nice à la France

1864 : succès électoral de l'opposition lbérale (qui reste minoritaire)

1869 : inauguration du canal de Suez

1870 : mai : un plébiscite approuve l'évolution libérale de l 'Empire

: juillet : la France déclare la guerre à la Prusse

: septembre : déchéance de l'Empire

1871 : janvier : armistice franco-allemand

: mars : insurrection parisienne : la Commune

: mais : répression de la Commune : la Semaine sanglante

1873 : gouvernement d'Ordre moral

1875 : lois constitutionnelles : république

1879 : majorité républicaine au Sénat, Jules Grévy Président d ela République

2) Février 1848 :

a- vu par le libéral Tocqueville :

La révolution industrielle avait fait de Paris la première ville manufacturière de France et attiré tout un nouveau peuple d'ouvriers et de cultivateurs sans ouvrage: les théories économiques et politiques qui commencaient à s "y faire jour et qui tendaient à faire croire qu'on pouvait supprimer la pauvreté en changeant la société; le mépris dans lequel étaient tombés les hommes qui gouvernaient; la mobilité de toutes choses, institutions, idées et hommes dans une société remuée par 7 révolutions en 60 ans : telles furent les causes générales de la révolution. Les accidents qui l'amenèrent furent les passions de l'opposition qui prépara une émeute; la répression excessive de l'émeute; l'imbecilité du roi Louis-Philippe.

b- vu par P Véry, journaliste au Peuple Constituant, le 29/3/1848 :

Tous nous avons été unis dans la lutte - l'ouvrier par son initiative, la garde nationale par son concours actif, l'armée par son inertie volontaire... Pénétrons nous de cette pensée qu'il n'y a plus de bourgeois, plus d'ouvriers, plus de nobles, plus de peuple, tous ouvriers et tous égaux. Tous sont citoyens, gardes nationaux, libres d'exprimer, de s'associer, de nommer des représentants.

3) Juin 1848 :

a- vu par Tocqueville :

Me voici arrivé à cette insurrection de juin, la plus singulière de notre histoire, la plus grande car, pendant 4 jours plus de 100.000 hommes y furent engagés; la plus singulière car les insurgés y combatirent avec un ensemble merveilleux. Ce qui la distingua c'est qu'elle n'eut pas pour but de changer de gouvernement mais d'altérer l'ordre de la société. Elle ne fut pas une lutte politique mais un combat de classes. Elle sortit des idées socialistes et des idées de février; et on ne doit y voir qu'un effort brutal des ouvriers pour échapper aux necessités de leur condition qu'on leur avait dépeinte comme une oppresion illégitime et pour s'ouvrir un chemin vers ce bien-être montré comme un droit.

b- vu par un marxiste : Engels :

Ce qui distingua la révolution de juin de toutes les révolutions précédentes, c'est l'absence d'illusions. Les ouvriers du 23 juin luttent pour leur existence, la patrie a perdu pour eux toute signification. C'est la révolution du desespoir... Elle est lapremière qui divise la société en 2 grands camps ennemis qui sont représentés par le Paris de l 'est et le Paris de l'ouest. L'unanimité de février a disparu.

c- vu par l'écrivain Mérimée :

Voilà 5 jours que je couche sur le pavé avec tout ce qu'il y a d'honnêtes gens à Paris. Nous l'avons échappé belle... Pourles insurgés il s'agissait de piller Paris et d'y établir un gouvernement de guillotinne; pour nous de défendre notre peau. Les insurgés étaient nombreux, organisés et bien armés... Ils massacraient les prisonniers, leur coupaient les mains.. Sur leurs barricades, on voyait, à coté du drapeau rouge, des têtes et des bras coupés... Sera-t-il jamais possible de faire quelque chose d'un peuple toujours prêt à tuer et à se faire tuer pour un mot vide de sens. La dernière bataille a été pour les insurgés une dure leçon, mais on ne peut espérer que le danger soit définitivement conjuré.